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MARIE, Par Guillaume Apollinaire / Timothy Adès


LE POST POETIQUE DOMINICAL DE TIMOTHY ADES


Marie Laurencin : Apollinaire et ses amis, réunion à la  campagne,1909 / De gauche à droite : Gertrude Stein, Fernande Olivier, une muse non identifiée, Fricka (chienne de Pablo Picasso), Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, Marguerite Gillot, Maurice Cremnitz et Marie Laurencin au piano (Musée Picasso, Paris)

 

 

     MARIE : Un poème d'Apollinaire du recueil Alcools, 1913. Il mourra en 1918. "Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire se rencontrent par le biais de Pablo Picasso en 1907. S’ensuivent cinq années d’une relation tourmentée avant que, lassée par des infidélités nombreuses, Marie Laurencin ne prenne définitivement ses distances. Dans son testament, elle demandera néanmoins à ce qu’on glisse entre ses mains une rose blanche et une lettre d’amour du poète."

 

" Marie naît à Paris, en 1883. Elle est la fille illégitime d’Alfred Stanislas Toulet, député, et de Pauline Mélanie Laurencin, couturière normande. Elle grandit à Montmartre, voit son père très rarement et n’apprend son identité qu’en 1913, 5 ans après sa mort.

 

Marie étudie le dessin et la peinture sur porcelaine à Sèvres, puis entre à l’Académie Humbert.

Elle côtoie Georges Braque.

 

En 1907, elle rencontre Pablo Picasso qui lui présente Guillaume Apollinaire. Elle devient sa compagne, sa muse. Cette relation, marquée par l’infidélité et les excès d’alcool du poète dure jusqu’en 1912. Marie lui inspirera de nombreux poèmes, dont Marie et Le Pont Mirabeau où il évoque leur séparation.

 

Entre 1914 et 1921, elle est l’épouse d’un peintre allemand, le baron Otto von Wätjen.

 

Marie Laurencin peint essentiellement des portraits de jeunes femmes ou des scènes les représentant.  Elle réalise également de nombreux dessins, gravures et illustrations de livres et participe même à la conception de décors et de costumes de scènes.

 

L’artiste meurt à Paris en 1956. Elle est inhumée dans une robe blanche, tenant dans une main une rose et, posées sur son cœur, des lettres d’amour de Guillaume Apollinaire."

 

 

Marie

 

Vous y dansiez petite fille

Y danserez-vous mère-grand

C’est la maclotte qui sautille

Toute les cloches sonneront

Quand donc reviendrez-vous Marie

 

Les masques sont silencieux

Et la musique est si lointaine

Qu’elle semble venir des cieux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux

 

Les brebis s’en vont dans la neige

Flocons de laine et ceux d’argent

Des soldats passent et que n’ai-je

Un cœur à moi ce cœur changeant

Changeant et puis encor que sais-je

 

Sais-je où s’en iront tes cheveux

Crépus comme mer qui moutonne

Sais-je où s’en iront tes cheveux

Et tes mains feuilles de l'automne

Que jonchent aussi nos aveux

 

Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s’écoule et ne tarit pas

Quand donc finira la semaine

 

 

 

Voix du poète : https://www.youtube.com/watch?v=drwK_CmsiKM

Léo Ferré : https://www.youtube.com/watch?v=W3LwRD0TIic

Dolorès Le-Bourgocq : https://www.youtube.com/watch?v=W3LwRD0TIic

SUNO : https://www.youtube.com/watch?v=9cLf4FEaKd8

 

Marie

 

There you danced when you were young

Will or not when you're a granny

It's the hip-hop-hootenanny

Bells will one and all be rung

When will you return, my honey?

 

All the masks are mute and hushed

So far off the melodies

Might be coming from the skies

Want to love you love you only just

O my pain the ecstasies

 

Sheep that vanish in the snow

Flakes of wool bright coinage too 

Soldiers on a mission go

Here's my heart not trusty true

Changeable what might I know

 

Know the future of your hair

Frizzed as when the ocean heaves

Know the future of your hair

And your hands those autumn leaves

Yes our vows fall thickly there

 

I was strolling by the Seine

Antique book beside the river

River not unlike my pain

Won't run dry it flows for ever

Will this week at last be over

 

 Copyright © Timothy Adès

 



Timothy Adès est un poète traducteur britannique, spécialiste de la versification, des rimes et des mètres, en français, espagnol, allemand et grec. Fin connaisseur, entre autres, de Victor Hugo, Robert Desnos, Jean Cassou, Guillaume Apollinaire, Georges Pérec, Gérard de Nerval, Louise Labé, également de Federico García LorcaAlberto Arvelo Torrealba, Alfonso Reyes, de Bertold Brecht, Hermann Hesse, Heinrich Heine et d'Angelos Sikelianos.

Il a réécrit les Sonnets de Shakespeare en évitant la lettre e et a écrit une longue poésie n’utilisant aucune voyelle, sauf le e. "Ambassadeur" de la culture et de la littérature française, il est le premier à avoir traduit les  "Chantefables"  et les "Rrose Sélavy" de Robert Desnos en anglais.

Membre de la Royal Society of Literature, administrateur de la revue "Agenda Poetry" (fondée en 1959 par Ezra Pound et William Cookson) et membre de son comité de rédactionLauréat  entre autres des Prix John Dryden et TLS Premio Valle-Inclán.

Timothy Adès est membre du conseil scientifique du PRé, co-animateur de la rubrique "Tutti Frutti " (chroniques et rendez-vous culturels, poétiques, éco-gastrosophiques, pour « cueillir le jour » au sens du fameux carpe diem emprunté au poète latin Horace. Publiés généralement le week-end).

Derniers ouvrages parus :  "Ringelnatz the Rhymer " , édition bilingue allemand-anglais (The High Window, 4 août 2024; Morgenstern's Magic", édition bilingue allemand/anglais des poèmes de Christian Morgenstern (1871-1914) (The High Window, 4 février 2024; "Alfonso Reyes, Miracle of Mexico(Shearsman Books, 2019), édition bilingue espagnol/anglais; "Robert Desnos, Surrealist, Lover, Resistant" (Arc Publications, 2017), édition bilingue français/anglais, 527 pages, les poèmes de Desnos avec les versions de Timothy Adès.

 

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