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FINIR LA SEMAINE AVEC VAN MORRISON, Par Stéphanie Mesnier-Angeli

"Il n'y a pas un seul agent de la DGSE, pas un officier d'état-major en France qui considère que la Russie n'est pas une menace" – Sébastien Lecornu.

 

     Menacer, les Russes savent faire. Poutine a prévenu Keir Starmer, le PM anglais, que "l'envoi de troupes en Ukraine équivaudrait à une implication dans la guerre". Avec les conséquences qu'on imagine. Puis il s'en est pris à Macron : "Il y a encore des gens qui veulent revenir à l’époque de Napoléon. Ils oublient comment cela s’est terminé".

 

Le discours du président français a fait monter la température à Moscou. Le ministre des AE, Sergueï Lavrov, l'a qualifié de "menace pour la Russie" et a ajouté qu'il avait trouvé le Français "vague et nerveux". La presse à la botte du Kremlin se déchaîne : "Va-t'en guerre", "Belliqueux", "Loser", sans oublier les inévitables comparaisons avec Napoléon. "Ce n'est pas vous qui allez entrer dans l'Histoire, mais l'Histoire qui va vous rentrer dedans. Souvenez-vous de Napoléon !" (Ria Novosti). Macron a revêtu la "vieille redingote poussiéreuse de Napoléon" (Moskoski Komsomolets). "Macron a fait des moulinets atomiques, oubliant complètement la longue marche de la Grande armée napoléonienne en 1812" (Argumenti i fakti).

Rappelons que, en 1812, les Russes ont fui devant la Grande Armée et incendié Moscou plutôt que d'affronter les grognards de l'Empereur. Et c'est surtout le général Hiver qui a vaincu les Français. Et, lors de la guerre de Crimée (1853-1856), Français et Britanniques ont infligé aux Russes une bonne pâtée.

 

   Jusqu'où ira Trump dans la trahison ? Il compte révoquer le statut des 240.000 Ukrainiens réfugiés aux États-Unis, intrigue pour se débarrasser de Zelinsky (dont la cote de popularité flambe), et le gel des livraisons d'armes et de la fourniture de renseignements a plongé l'armée dans le noir (NYT). L'Amérique fait tout pour livrer l'Ukraine à Poutine, sur un plateau et avec du cresson autour.

Et ça va plus loin. Selon Politico, Trump a un plan pour "tuer l'Union européenne, et la réduire à une confédération de pays tous plus redevables aux États-Unis, voire à la Russie". Trump ne veut pas d'alliés, mais des vassaux. Pour cela, il veut "diviser les Européens", et la guerre en Ukraine est un excellent moyen. D'autant que lui et Poutine, nouveaux alliés, peuvent compter sur la Hongrie de Orban, la Slovaquie de Robert Fico, et tous les partis populistes en Europe. Vance et Musk soutiennent ouvertement les extrêmes droites. Des officines russes désinforment et pratiquent l'ingérence à gogo. À cela, s'ajoutent des "campagnes de dénigrement envers les institutions européennes et leurs représentants". Trump refuse toujours de recevoir Ursula von der Leyen... Selon un responsable européen cité par Politico : "Trump et Poutine ont trouvé un terrain d'entente en nous identifiant comme leurs ennemis."

 

   Les 27 ont contourné le véto de la Hongrie et adopté le plan de réarmement proposé par la Commission (800Mds€, dont 150Mds sous forme de prêts). Mais Orbán a bloqué un texte sur la stratégie de soutien à l’Ukraine, avant d'aller dîner avec Marine Le Pen (Huff Post).

À Paris, ça phosphore dur dans les ministères pour trouver comment accroître les dépenses de défense "sans que les impôts soient augmentés" (Macron), "sans rien abandonner du modèle social" (Bayrou), et sans trop creuser la dette. Pas simple... "Faire appel au patriotisme financier ? Mobiliser des fonds privés et des fonds d’investissement ? Lancer un grand emprunt ? Faire des économies ?... (l'Opinion, Les Échos).

 

   En Bref : La fusée Ariane 6 a mis en orbite le satellite militaire de reconnaissance CSO-3, qui va fournir aux Européens des images et des données précieuses en ces temps troublés - Et Eutelsat, le rival de Starlink (Musk), est prêt à déployer davantage de terminaux de connexions à internet en Ukraine (FT) - Poutine se rapproche du record de longévité au pouvoir établi par Staline (Washington Post) - Koh-Lanta réalise son pire score depuis 25 ans. Dire qu'on comptait sur eux pour former des combattants - Un juge de la cour Suprême du Wisconsin, soutenu par Musk, estime que "les femmes sont trop émotives pour se prononcer sur l'avortement" (L'important) - "Au Canada, les produits US ne sont pas retirés des rayons mais vendus au rabais car la demande s'écroule" (lapresse) - Les amateurs de baffes aimeraient voir la discipline être reconnue comme un sport. Ça s'appelle le "Power Slap" et il existe des compétitions (NYT). C'est aux États-Unis, évidemment - L'avocat de Nicolas Sarkozy appelle à "séparer l'homme du président" et à lui laisser sa légion d'honneur (Huff Post) - Les boulangers sont en colère à cause d'une nouvelle taxe "écoresponsable" qui les oblige à évaluer le nombre d'emballage papier ou carton de leurs baguettes et pâtisseries. C'est le client qui paiera - En Russie, Buvaisar Saitiev (49 ans), triple champion olympique de lutte, ex-député de la Douma d'Etat et qui avait pris ses distances avec Poutine, est mort en tombant par la fenêtre de son appartement. Le 5 février, c'était l'artiste russe Vadim Stroykin qui est malencontreusement passé par la fenêtre, après avoir fait un don à l’armée ukrainienne...

Patrick Blower en hommage à Jack Vettriano, décédé le 1er mars.

Finir la semaine avec Van Morrison


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste, écrivain et romancière. En procès actuellement aux prud'hommes avec la direction du Canard enchaîné qui lui refuse le droit de signer.

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

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