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LE REVE AMERICAIN N'EST-IL PAS DEVENU UN CAUCHEMAR EVEILLE ? Par Stéphanie-Mesnier-Angeli

 

 

     Privé du renseignement US, les Ukrainiens ne peuvent anticiper les tirs des missiles et de drones russes, et se font pilonner. Ils accusent "le traitre Trump" d'être responsable des derniers carnages (The Independant). Interrogé sur les frappes russes, Trump a lâché : "Ils font ce que n'importe quel pays ferait" (Fox News)...

  

Marco Rubio a qualifié le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, d'"ingrat" et de "menteur". C'est Varsovie qui paie pour que l'Ukraine puisse utiliser le réseau Starlink pour ses communications. Musk menace de le retirer : "le front ukrainien s'effondrera d'un coup !" s'est-il amusé.

L'Iran, la Russie et la Chine ont annoncé des exercices militaires conjoints (Reuters).

 

 

 

 

 

Renvoyés par le DOGE d'Elon Musk, les pères fondateurs

Alexander Hamilton, Benjamin Franklin et James Madison font leurs cartons

/ Par Barry Blitt

 

   Le Figaro publie un portrait de Nate Vance (https://www.lefigaro.fr/international/nous-sommes-les-idiots-utiles-de-vladimir-poutine-nate-cousin-germain-de-jd-vance-et-combattant-volontaire-en-ukraine-20250309), le cousin de JD Vance. Ce Texan de 47 ans vient de passer deux ans et demi à se battre auprès des Ukrainiens comme volontaire, sur les champs de bataille les plus sanglants" (Kupiansk, Bakhmut, Avdiivka, Pokrovsk…). Après l'invasion de l'Ukraine par les Russes, Nate Vance a démissionné de la compagnie pétrolière qui l'employait et rejoint cette guerre "pas comme les autres". L'Histoire s'écrivait devant lui, "je voulais en être". Alors, voir son cousin martyriser Zelensky dans le Bureau ovale l'a mis dans une colère noire. Il a bien tenté de le contacter, pour lui expliquer la réalité du terrain, mais l'autre ne l'a jamais rappelé.

Nate Vance a raccroché sa kalachnikov début janvier : "C’était devenu compliqué de rester. Je ne pouvais pas prendre le risque d’être capturé en étant le cousin du vice-président". Aujourd'hui, il enrage : "Les Américains sont devenus les idiots utiles de Poutine" (Le Figaro).

 

   Le sénateur Mark Kelly, sénateur et ancien astronaute de la Nasa, revient lui aussi d'Ukraine. Sur X et dans les médias, il raconte. Et s'il est favorable à ce que les États-Unis demeurent "à l'écart des guerres" en général, celle d'Ukraine est d'une nature différente : une jeune démocratie lutte contre une dictature qui veut l'anéantir. Et quelle image offrent désormais les États-Unis ? "Celle d'un pays peu digne de confiance, qui abandonne ses alliés", s'inquiète le sénateur Kelly.

 

   En Europe, concernée au premier chef, la bataille se joue aussi entre défenseurs de la démocratie libérale et ceux qui aspirent à la remplacer par un régime autoritaire à la sauce Trump/Poutine. Sortis de leur placard, Henri Guaino et Hervé Morin (le plus calamiteux ministre de la Défense de la V°), Philippot, Asselineau, Dupont-Aignan, Trotta, Barco et (Francis) Lalanne rejoignent les discours truffés de contre-vérités de Villiers ou d'Onfray.

"Les médias du milliardaire Vincent Bolloré défendent désormais ouvertement la Russie", titre Le Monde. Alors que Trump donne la main à Poutine et que Vance dit la liberté d'expression "en danger en Europe", radios, télés, journaux et maisons d'édition (dont Fayard) leur emboitent le pas et soutiennent Poutine. À coups de désinformation et de propos défaitistes, ils tentent d'influencer l'opinion.

À gauche, Insoumis et communistes tiennent les mêmes discours : "La Russie un adversaire ? Je n'en suis pas persuadé", a déclaré Éric Coquerel (RTL). Quant à Fabien Roussel , c'est en l'Ukraine qu'il voit une "menace, pour nos agriculteurs". Et dans la longue tradition du PC, il réclame "la paix" avec la Russie (RMC).

 

   Selon les derniers travaux de scientifiques, plus on est exposés aux "fake news", plus on y croit. Plus on s'éloigne du réel, plus il est difficile est d'y revenir. Mais le poison ultime, c'est la "post-vérité", qui met en place un "narratif alternatif". Ainsi, "lorsque Vladimir Poutine dit qu’il a envahi l’Ukraine pour se protéger de l’expansion de l’OTAN à ses frontières, c’est un narratif, une mise en récit du conflit", explique Laurent Cordonnier (Fondation Descartes contre la désinformation). Et bien sûr, nous croyons toujours plus facilement ce qui arrange notre point de vue (L'Express).

 

   Plusieurs enquêtes européennes montrent un fort rejet de la politique de Trump à l'égard de l’Ukraine. Une nette majorité (59% des Allemands et Français, 56% des Britanniques et 47% des Polonais) qualifie le président américain de "dictateur". Poutine aussi est qualifié de "dictateur", par 80% des Français, 81% des Allemands, 84% des Britanniques et 92% des Polonais.

Quant à la façon dont Zelensky a été traité dans le Bureau ovale, l'indignation est générale : 61% des Français jugent Trump "irrespectueux", un avis partagé par 64% des Britanniques et 59% des Allemands.

Enfin, 68% des Français se disent favorables à un boycott des produits américains, et 61% au rétablissement du service militaire obligatoire.

 

   En Bref : En Syrie, sur fond de "vengeance communautaire", des massacres ont fait un millier de mort chez les alaouites, dont est issu l'ex-dictateur Bachar (RFI) - En février, Elon Musk a licencié de 62.200 employés fédéraux. Si on ajoute le secteur privé, on dépasse les 172.000 "job cuts". Record historique (Reuters) - La popularité de Volodymyr Zelensky est au plus haut en Ukraine, +10 points en un mois - La révolte s'organise contre les ZFE (interdiction des véhicules anciens supposés plus polluants). Les Gilets jaunes pourraient reprendre du service - Antoine Dupont, le capitaine du rugby tricolore, souffre d'une rupture des ligaments croisés - Les ophtalmos alertent sur les extensions de cils - Des cours "anti-mafia" seront donnés dans les collèges, en Corse, à la rentrée prochaine - Chômage record chez les petits patrons : 60.852 chefs d'entreprises ont perdu leur emploi l'an dernier, un record - Le regain de l'antisémitisme et les théories complotistes remettent en cause l'innocence du capitaine Dreyfus. Une expo s'ouvre au Musée d’art et d'histoire du judaïsme (Paris 3e), et le petit-fils d'Alfred Dreyfus (98 ans) y dresse le portrait d'un homme "affectueux et chaleureux".

Pour Nate Vance (le final, avec Clapton...)


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste, écrivain et romancière. En procès actuellement aux prud'hommes avec la direction du Canard enchaîné qui lui refuse le droit de signer.

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

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Commentaires: 1
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    LE FIGARO (mardi, 11 mars 2025 13:05)

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