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10 ANS DE PRISON REQUIS CONTRE L'ECRIVAIN ALGERO-FRANCAIS BOUALEM SANSAL, Par Stéphanie Mesnier-Angeli

 

    Le parquet du tribunal de Dar El Beida, près d'Alger, a requis 10 ans de prison ferme contre Boualem Sansal, pour « atteinte à l'intégrité territoriale ». Le verdict sera rendu le 27 mars (AFP). Autant dire, pour l'écrivain de 75 ans, malade, une condamnation à mort. Emmanuel Macron a appelé le président Tebboune à « trouver une solution » pour que Sansal « retrouve sa liberté et puisse se faire soigner » (BFM).

 

   Trump a annoncé hier soir la suppression du ministère de l'Éducation. Les compétences seront transférées aux États.

Aujourd'hui, le Pentagone doit informer Musk « du plan de l'armée américaine pour toute guerre avec la Chine ». Le NY Times précise : ces plans sont parmi les secrets les mieux gardés des États-Unis, et que Musk puisse en prendre connaissance est un problème : 1)Il n'a ni mandat ni habilitation pour cela. 2)« Le milliardaire possède d'importants intérêts financiers en Chine ».

Sur News Nation, Steve Bannon a déclaré : « Je suis convaincu que Trump se représentera en 2028". À la question : « Comment obtiendra-t-il un autre mandat ? » il a répondu : « On y travaille ».

 

   De ce côté-ci de la flaque, on assiste à de premiers tiraillements...

1)À propos des droits de douane, Bruxelles a la main qui tremble. Les mesures de rétorsion commerciale contre les USA sont reportées à mi-avril. Pourquoi ? La France, l’Italie et l’Espagne veulent « du temps pour tenter de négocier avec Trump l'abandon des 200% de droits de douane sur les alcools européens ». Pour ne pas trinquer, l’UE a même déjà renoncé à taxer les importations de whisky US, origine de la colère trumpienne (AFP).

2)« Face à la Russie de Poutine, le front fissuré des Européens », titre Le Figaro à la Une. Après le réveil stratégique en fanfare des 27, après la publication du plan « Rearm Europe » de Bruxelles, des « tiraillements » se font sentir. La Hongrie bloque les décisions et refuse de soutenir l'Ukraine, l'Italie hésite, les États du Nord et de l'Est, forts de leur expérience, se montrent bien plus mobilisés que ceux du Sud. En Espagne, le socialiste Pedro Sanchez ne voit pas la menace (« Je ne crains pas de voir Poutine franchir les Pyrénées de sitôt »). Il réclame de pouvoir utiliser les financements alloués à la sécurité de l'Europe pour la lutte contre le changement climatique » (Le Figaro).

 

   Un bon point tout de même : les milliards d'euros destinés à réarmer l'Europe devront aller à des équipementiers européens. Les industriels américains, britanniques et turques sont exclus (FT).

Le gouvernement français va lancer un nouveau produit d'épargne (à partir de 500€ et jusqu'à « plusieurs milliers d'euros », l'argent serait bloqué au moins 5 ans) afin d'alimenter un fonds d'investissement de 450M€ dans le secteur de l'armement.

 

 

 Sous nos yeux ébahis, la démocratie américaine se délite et cède la place à une oligarchie d'autocrates. Les États-Unis se russifient. En France, l'extrême droite ne cache pas sa fascination. Les sondages, eux, montrent que plus de 70% des Français rejettent Trump. Mais attention : ils ne rejettent pas ses idées...

Le Cevipof a mené l'enquête menée auprès de 3.500 personnes. Il en ressort qu'une majorité de Français considèrent la justice « laxiste et politisée », réclame « moins d'État » et plus de libéralisme économique, et estime qu'il y a « trop de fonctionnaires ». La moitié demande « plus d'autorité, plus d'efficacité ».

Droite et extrême droite ne s'y trompent pas, qui multiplient les attaques contre les juges, les normes, les universités, etc. dans le but de capter l'électorat qui s'épanouit sur ce terreau favorable.

https://www.sciencespo.fr/.../NoteBaroV16_LR_trumpisme...

 

   À Sciences Po Strasbourg, les propalestiniens soutenus par LFI ont lancé "une chasse aux sorcières »L'Opinion parle de « maccarthysme » et de « terrorisme intellectuel », tant les faits sont graves. En cause : le partenariat de l'établissement avec l'université de Reichman, en Israël. « Les tensions sont chaque jour plus vives et le chantage au blocage permanent ». Des activistes en keffiehs, avec drapeaux palestiniens et banderoles, des « jusqu'au-boutistes de la cause », perturbent les cours, taguent des slogans du style « Sionistes fascistes", poursuivent étudiants et enseignants réfractaires. Une chercheuse témoigne : « Ce qui se déroule ici, c'est une radicalisation sans limite. Une cinquantaine de militants soutenus par LFI prennent en otage la communauté étudiante. Ensuite, il y a la masse des suiveurs (...). Et puis il y a des collègues munichois, qui préfèrent céder sur leurs principes ».

Résultat : les donateurs ne donnent plus, les candidatures avec Science Po sur un CV filent à la corbeille...

 

   En Bref : Elon Musk est « inquiet" de la chute de l'action Tesla : « Je n'ai jamais rien fait de mal, que des choses productives », a-t-il pleurniché sur Fox News. Rien de mal, à part mettre des milliers d'Américains au chômage, trahir l'Ukraine et soutenir les extrêmes droites européennes... - La marque Tesla a été exclue du Salon de l'auto de Vancouver au Canada (Auto Journal) - Kirsty Coventry est élue présidente du CIO. 1ère femme et 1ère Africaine. Une pionnière - La Hongrie est officiellement le seul pays de l’UE à interdire la marche des fiertés - ChatGPT lance "Operator" pour le choix des musées, des voyages et des restaurants - TikTok Shop débarque en France - Hervey Weinstein, qui a vu sa condamnation à 23 ans de prison pour viols et agressions annulée, doit être rejugé en avril. Il a bon espoir, « croit en sa réhabilitation », et annonce qu'il a « quelques films en réserve » (Elle) - Une épicerie cannoise a dû retirer son enseigne nommée « Ma femme est une cochonne » - 31e campagne du Sidaction ce week-end - La météo va se gâter... Si vous cherchez une série, je suis en train de regarder la mini-série Adolescence sur Netflix, je recommande.

Yo-Yo Ma s'est mis au vert. Pour notre bonheur. 


Stéphanie Mesnier-Angeli est journaliste, écrivain et romancière. En procès actuellement aux prud'hommes avec la direction du Canard enchaîné qui lui refuse le droit de signer.

Auteur entre autres de Barnabé - Le Roman d'un chat  (Librinova, 2021), Tueuses mais pas trop (Fayard, 2015).

Egalement co-auteur de livres politiques (avec Claude Angeli): Les Micros du Canard (Les Arènes, 2014), En basse campagne (Grasset, 2002), Chirac, père et fille (Grasset, 2000), Fort Chirac (Grasset, 1999), Sale Temps pour la République (Grasset, 1997), Le Nid de serpents: bataille pour l'Elysée 1993-1995 (Grasset, 1995), Notre allié Saddam (Orban, 1992).

Stéphanie Mesnier-Angeli est une contributrice du PRé depuis septembre 2024.

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